Quelle tuile choisir pour son toit ?
Mis à jour le 12 octobre 2026
En bref
Dans le Rhône, la tuile de référence est la tuile creuse en terre cuite, dite tuile canal, posée sur des toits à faible pente. La tuile romane, plus économique, s’en inspire ; la tuile mécanique se trouve surtout sur les bâtiments de la fin du XIXe et du début du XXe siècle. Le bon choix dépend d’abord de la tuile en place, de la pente du toit et des règles d’urbanisme de votre secteur.
Quelle est la tuile traditionnelle de la région lyonnaise ?
Selon l’UDAP du Rhône et de la métropole de Lyon, le département forme la limite nord des régions aux toitures à faible pente, couvertes de tuiles de terre cuite appelées tuiles creuses ou tuiles canal. Pendant plus de seize siècles, la tuile creuse a été le principal matériau de couverture ; l’industrialisation de la fin du XIXe siècle a ensuite fait apparaître d’autres modèles.
La tuile creuse est un demi-cylindre légèrement conique. Les tuiles sont posées alternativement arrondi dessous (tuile de courant) et arrondi dessus (tuile de couvert), sur des toits dont la pente va de 28 à 35 %. Leur teinte dépend de la terre et de la cuisson : le rouge domine dans la région, mais les teintes paille ou crème prédominent sur les bords de Saône et dans le nord du département, vers Villefranche-sur-Saône.
Tuile canal, romane, mécanique ou plate : quelles différences ?
Chaque famille correspond à une époque et à un type de toit. Les fiches de l’UDAP les décrivent ainsi :
- Tuile canal (creuse) : la couverture traditionnelle, en deux couches, aux jeux d’ombre et de lumière caractéristiques ; c’est celle que l’UDAP recommande de privilégier.
- Tuile romane : apparue vers 1950, elle reprend en un seul module à emboîtement le principe de la tuile creuse ; plus rapide à poser et économique, elle compte environ 13 pièces au m² et se pose sur des pentes de 30 à 40 %.
- Tuile mécanique (à emboîtement) : apparue dans la seconde moitié du XIXe siècle, on la trouve sur les quartiers urbanisés à partir des années 1880-1900, comme la rive gauche du Rhône à Lyon ; il faut alors reprendre le modèle d’origine.
- Tuile plate (écaille) ou ardoise : on les trouve notamment sur le brisis des toits à la Mansart, la partie la plus pentue ; l’ardoise n’est pas une ressource locale, et certains brisis d’immeubles du XIXe sont en zinc.
Quelle tuile pour une faible pente ?
La pente est la première contrainte technique. Les fourchettes ci-dessus (28 à 35 % pour la tuile creuse, 30 à 40 % pour la romane) sont celles des recommandations patrimoniales ; la pente minimale exacte d’un modèle dépend aussi de la longueur du rampant, de l’exposition au vent et à la pluie, et des prescriptions du fabricant et des règles professionnelles (DTU de la série 40.2).
Posée sous la pente admise pour son modèle, une tuile risque de laisser passer l’eau par pluie battante, même bien posée. Un couvreur mesure la pente réelle avant de proposer un modèle ; sur un toit très plat, une autre couverture qu’une tuile peut être nécessaire.
Quelles règles en secteur protégé et au PLU-H ?
Changer de modèle ou de couleur de tuile modifie l’aspect extérieur : il faut une déclaration préalable en mairie, et le PLU-H de la Métropole fixe des règles d’aspect selon les zones. En secteur protégé, l’Architecte des Bâtiments de France donne son avis.
L’UDAP indique que la tuile creuse est exigée lorsque le toit existant est déjà en tuiles creuses ou lorsque les toitures sont très visibles dans le paysage, et que les tuiles en béton, plates, creuses ou romanes, sont proscrites en espaces protégés. Pour la tuile romane, elle conseille un modèle proche de la tuile creuse par son gabarit et sa couleur, de teinte rouge naturel foncé, et déconseille les teintes orangées, brunes, nuancées ou panachées.
Tuile neuve ou de réemploi ?
Sur une couverture ancienne, l’UDAP recommande de réemployer la tuile creuse chaque fois que c’est possible : les tuiles endommagées sont remplacées par des tuiles neuves posées en courant, tandis que les anciennes récupérables sont réutilisées en couvert, la face visible. Le toit garde ainsi son aspect patiné.
Quand une tuile n’est plus fabriquée, ce qui arrive sur des toits en tuiles mécaniques anciennes, le couvreur cherche un modèle compatible ou des tuiles de récupération. Si aucun ne convient, remplacer tout un pan peut devenir nécessaire, avec une déclaration préalable si l’aspect change.